L’apprentissage du pot ou plutôt le non apprentissage

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L'apprentissage du pot est un terme avec lequel je ne me suis jamais sentie très à l'aise. Dans mon imaginaire, cela consistait à coller son enfant sur un pot en plastique pendant dix minutes chaque jour à la même heure. Et cette perspective ne me plaisait guère. Je suis partisane du respect du rythme de chacun et pense qu'un enfant devient propre lorsqu'il est prêt, tout simplement. Du coup, j'ai décidé de prendre cette étape un peu par dessus la jambe.

Sauf que...

Sauf qu'à la rentrée de septembre, alors que ma fille n'avait que 1 an et 8 mois, les filles de la crèche m'ont demandé de les informer lorsque je débuterai l'apprentissage afin qu'elles proposent également le pot à ma fille. Euuuhhh mais c'est pas comme ça que je voulais faire moi... J'ai trouvé ça un peu précipité mais cette information m'a donné à réfléchir. Peut-être devais-je faire cet apprentissage du pot ? Oui mais comment ? Et puis non, je n'en avais pas envie. Je tenais vraiment à ce que la transition de bébé à petite fille se fasse sans contraintes ni obligations, et j'ai préféré miser sur l'approche psychologique plutôt que physiologique. 

Les moyens

Je n'ai donc pas de mis de rituel en place mais ai fait deux achats :

1 - Un petit pot. J'ai acheté le modèle vert et blanc que tout bon suédois qui se respecte a dans sa salle de bains et l'ai placé dans les WC. L'objectif était que Louloutte s'approprie ce nouvel élément décoratif dont Philippe Starck ne voudrait pas, même dans sa cave. Opération réussie car elle a pris plaisir à y poser ses fesses toute habillée des centaines fois avant d'y installer ses poupons. Chacun son tour comme on dit.

2 - Le livre "Tchoupi va sur le pot". Ma fille étant une inconditionnelle de Tchoupi, il était important selon moi qu'elle s'identifie à lui. Ça marche aussi avec "Petit Ours Brun sur le pot" et "Timoté va sur le pot". Chaque enfant a son référent.

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L'apprentissage involontaire du pot

C'est fortuitement que j'ai appris que ma fille allait sur le pot à la crèche depuis trois semaines (à sa demande). Stupéfaction totale et le sentiment d'être passée à côté d'un truc. (NDLR : il s'avère que l'information m'avait été transmise mais que mon cerveau ne l'avait visiblement pas enregistrée). C'est fou quand même. Comme si mon refus de l'apprentissage du pot avait influé sur la réception et la mémorisation des informations le concernant.

Bref, par le jeu du mimétisme si propre aux enfants, Louloutte a sollicité d'elle-même le pot en voyant les copains aller dessus. Plusieurs tentatives sans qu'il n'y ait la moindre goutte jusqu'au jour où. Me retrouvant devant le fait accompli, je n'ai pas eu d'autres choix que de lui proposer à mon tour le pot.

Comment j'ai poursuivi l'apprentissage du pot

J'ai proposé le pot à ma fille avant chaque bain. Malgré un réel enthousiasme de sa part, le pot ne recueillait pas une goutte de pipi. Puis il y eut LE déclic, celui auquel j'aurais pu penser mais la lumière n'a pas jailli... Alors que je faisais couler l'eau du bain (après une énième tentative infructueuse sur le pot) ma Louloutte a fait pipi sur le carrelage, là debout, alors nue comme un ver. Oh mais quelle surprise pour elle. J'ai lu dans ses yeux toute l'incrédulité d'avoir senti couler le long de ses jambes ce liquide chaud. Et quelle stupeur de découvrir le sol mouillé. Je l'ai rassurée et lui ai proposé d'aller sur le pot. De nouveau, pas de pipi. Retour à la salle de bains, je poursuis le coulage de bain et rebelote, Louloutte fait encore pipi sur le carrelage. Et là j'ai compris. Entendre le bruit de l'eau lui a donné envie de faire pipi. J'ai alors mis le pot dans la salle de bains, ai posé ma fille dessus puis ai fait couler l'eau. Bingo : pipi dans le pot ! C'est à ce moment là que ma fille a assimilé le fonctionnement de son corps et les sensations inhérentes à la miction. La vision de son ventre se contractant en a été la meilleure preuve.

J'ai reproduit l'expérience trois jours de suite afin qu'elle se sente maîtriser le sujet puis le pot est retourné dans les WC. Depuis ce jour, tous les pipis ou presque sont assurés à chaque tentative.

Mes conseils

- Ne par forcer son enfant s'il ne se sent pas prêt à franchir cette étape. Tout vient à point qui sait attendre.

- Ne pas se mettre la pression ; l'enfant le ressent et peut en faire un blocage

- Ne pas pas mettre d'affect dans le pot ou plutôt dans son contenu. L'enjeu n'est pas de "faire plaisir" mais d'acquérir une autonomie. Pas de bravo non plus car c'est le retour de bâton assuré lorsque l'enfant ne voudra pas "faire plaisir". En revanche, je félicite toujours ma fille lorsqu'elle s'essuie correctement ou qu'elle tire la chasse-d'eau mais jamais parce qu'elle a fait pipi. C'est un acte naturel et il n'y a rien d'extraordinaire, ni de gentil à faire pipi sur le pot.

 

Et vous, comment s'est passé ce passage pour vos enfants ?

 

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32 Replies to “L’apprentissage du pot ou plutôt le non apprentissage”

  1. Bravo à Louloute et Maman. Un apprentissage sans stress 👍

    1. C’est exactement ça, aucun stress et je crois que c’est un point fondamental 🙂

  2. Nous avons le même pot à la mais pour que Charlie s’habitue à sa présence. Il est encore petit…

    1. Tu sembles avoir la même approche que moi en la matière 😉

  3. Respecter le rythme de l’enfant, je crois que c’est l’essentiel en effet. Nous, on a profité de l’été pour l’apprentissage, sans pression. Deux mois plus tard il était propre (sauf la sieste et la nuit). Par contre à la crèche ils ont continué à lui mettre des couches pendant presque 6 mois jusqu’à ce qu’ils réalisent qu’il demandait toujours quand il avait envie. Du coup on en a profité pour faire à ce moment là la transition avec la sieste et la nuit!

    1. Je pense que le personnel de crèche ou les assistantes maternelles jouent un rôle essentiel dans la réussite de cette phase d’apprentissage.
      L’été est la période idéale pour “l’apprentissage du pot” mais le must est d’avoir un jardin 😉

  4. Ici, ça a été clairement du grand n’importe quoi. Aucune méthode, aucun relais de la nounou, des tentatives pourries qui ont toutes échouées, si bien qu’encore aujourd’hui, je ne sais pas vraiment comment elles sont devenues propres 😀 Une chose est certaine, comme toi, il n’y a eu aucune, mais alors aucune pression!
    Alors merci pour cet article bien net et clair, je reviendrai le lire quand ce sera le tour de la 3ème!

    1. Comme quoi, tout arrive ! lol Et puis tu sais ce qu’on dit, on n’a encore jamais vu un ado incontinent, sauf problème évidemment ! 😉 😉

  5. Ce n’est pas toujours aussi simple…pour ma grande, pas de souci, du jour au lendemain elle a eu un déclic et a été propre sans accidents, nuits et jours, directement sur les toilettes. On était donc confiants pour la deuxième…mais ce ne fut pas la même histoire! Elle a fait un blocage, et même si j’étais adepte comme toi du “sans pression, quand elle veut”, à force (elle a 3 ans et quelques) ça devenait un sujet de crispations pour nous, qui ne savions plus comment la prendre… On a fini par la booster en lui retirant les couches pendant les vacances, et elle a compris son intérêt… Depuis ça semble être bon, mais ça n’a pas été aussi simple (et au passage, nous avons zappé l’option pot, perso j’ai préféré les éduquer aux toilettes directement, c’est tellement plus pratique! mais elles étaient plus vieilles que la tienne)

    1. Je comprends qu’à 3 ans, la question se soit vraiment posée d’autant qu’au bout d’un moment, tu devais en avoir marre des couches. Tant mieux si cette période est terminée, cela doit être un vrai soulagement pour toi !

  6. Pour mes 3 grands, l’arrêt des couches ne s’est pas passé pareil et n’a pas toujours aussi simple. Pour l’un ça a été le déclic avant même qu’on l’incite, mais pour les autres, on a retiré les couches du jour au lendemain.. Sinon on aurait pu attendre longtemps peut-être que cela vienne d’eux ! je pense que tous les enfants sont différents et certains disent aussi que les filles sont plus rapides que les garçons !

    1. Comme tu dis, chaque enfant est différent et même si cela prend plus de temps pour certains, l’essentiel est d’y arriver à la fin.

  7. Bonjour les jeunes mamans , Vous êtes vous demandées pourquoi le déclic est venu du jour au lendemain en leur enlevant les couches ? Je pense que les couches d’aujourd’hui sont si absorbantes et confortables même mouillées que vos loulous ne peuvent pas associer mixion et “mouillé”… Ce sentiment semble partagé par certains pédiatres, ma fille a pu le constater : par ailleurs, ses demoiselles ont été propres “tard” (même un blocage pour la grande), son fils (n°3) a été lui propre très tôt mais lui, contrairement à ses soeurs, portait des couches lavables , qui sont moins confortables (du moins la sensation de mouillé est bien là) une fois bien trempées ! Faut-il y voir une relation de cause à effet ? peut-être que non, mais peut-être que oui. Les miens (41 et 38 ans aujourd’hui ) ont été propres à 18 mois et 2 ans pour le 2ème : bien parti pour 18 mois, le changement de nounou a rendu difficile l’apprentissage de la propreté, non pas qu’elle ne voulait pas, mais nous avons, avec elle, privilégier l’adaptation sereine en mettant de coté la propreté. Car vous avez raison tout de même : chacun son rythme ! Pas de recette miracle, sachez cependant que vous faites toujours pour le mieux !

    1. Un grand merci Mamiedo pour votre commentaire. C’est toujours agréable d’avoir des retours d’expérience de mamans d’une autre génération. Vous soulevez un point très intéressant, celui des couches hyper absorbantes. Je rejoins votre pensée, peut-être qu’elles n’aident pas en effet à l’apprentissage de la propreté. Ce sont les inconvénients des nouveautés et de la modernité ; il y a du bon mais aussi du moins bon…
      Encore merci Mamiedo !

  8. Pour le grand cela n’a pas été simple mais avant ses 3 ans, c’était nickel jour et nuit. Jamais un seul accident dans le lit.
    La petite a bien identifié le pot, elle a fait deux fois caca dessus.

    1. Cela semble être bien parti pour ta puce ! J’imagine que d’avoir un grand frère aide aussi 😉

  9. oui ta fille a certainement copié ses amis…
    Pour nous on ne les a pas forcé non plus la première tentative alors qu’ils avaient un an et demi. Mais rien à faire… et à leur 2 ans j’ai remis le pot en marche et je les laissé cul nu en leur donnant beaucoup à boire. Pour un cela a prit 3 jours et l’autre un peu plus. Et pour les couches du soir… qui est un autre thème, un des loulous m’a demandé de ne plus lui en mettre très rapidement et l’autre … il les a gardé très longtemps, mais cela ne me stressais pas et lui non plus

    1. Je pense aussi qu’il ne faut pas se mettre la rate au court-bouillon car les enfants le ressentent. Et puis peu importe le temps que ça prend, l’essentiel est d’y arriver 🙂

  10. En lisant ton article je me rends compte que je ne me souviens pas avec précision de comment ça s’est passé avec mon grand. Ce dont je me souviens en revanche c’est qu’on l’a laissé aller à son rythme (mais j’avoue j’ai un peu stressé quand même car il a été propre en août pour une rentrée en septembre). Par contre il a été propre la nuit bien avant la journée (j’avoue on a kiffé!). Un jour on lui a proposé de ne pas mettre la couche, il a dit ok et on a jamais eu d’accidents. En journée par contre ce n’était pas la même. Et cela venait principalement du fait qu’il ne voulait pas quitter son jeu pour aller faire pipi. Mais si je reviens au pot je dirais qu’ici il n’y en a jamais vraiment eu. Il y en avait un bien sûr mais on a tout de suite privilégié qu’il aille sur les wc avec un réducteur. On lui demandait régulièrement si il avait envie d’aller faire pipi et à des moments “stratégiques” de la journée (après manger, avant la nuit…) on lui demandait d’aller au wc pour voir si il avait envie. Si rien ne venait, ce n’était pas grave, il aurait envie plus tard et il faudrait bien qu’il pense à y aller. Finalement c’est venu petit à petit, de lui même, et également par mimétisme.

    1. Etre propre la nuit avant la journée, c’est assez épatant je trouve. J’imagine que cela doit être peu fréquent 😉

  11. ma grande et mon premier petit (nés respectivement en juillet et avril) on été propres vers trois ans, spontanément, pipi-caca jour-nuit-sieste en 15 jours. J’avais fait des essais un peu avant, non concluants, et j’avais lâché l’affaire.

    Pour mon dernier, né fin décembre et qui rentrera donc à l’école en septembre à 2 ans et 9 mois, j’avoue que je suis moins détendue. Il s’en fout complètement et ne montre aucun intérêt pour la propreté. J’ai résolu d’attendre cet été et de supprimer les couches en août, puis de prier, brûler des cierges et faire des pèlerinages pour qu’il soit propre le 3 septembre. On verra bien…

    1. Ahahah tu m’as bien fait rire avec tes cierges et pèlerinages ! Ton petit dernier est né en décembre 2015 comme ma Louloutte… 😉 Je te souhaite qu’il s’intéresse à la propreté un peu avant car l’été quand même…

      1. Le dernier de ma soeur, né en décembre aussi, avait été propre le 1er septembre… pas de quoi me donner confiance ! Ah les garçons, jamais pressés d’arrêter de se faire nettoyer les fesses par leur maman !

        1. Il faut être indulgent avec les bouts de chou nés en décembre car on leur en demande autant que ceux nés quelques mois plus tôt 😉 (Parole de maman née en décembre 🙂 )

  12. Je partage totalement ton approche de l’apprentissage de la propreté ! J’ai fait pareil pour Lapin, je m’étais dit, il sera propre quand il l’aura décidé. J’avoue que je stressais un peu à l’approche de la rentrée scolaire car il n’était pas propre mais je l’ai mis quand même et bien deux jours après il l’était ! Il avait décidé de l’être. Je pense que ça ne sert à rien de les forcer, au risque de les bloquer.

    1. Je comprends que tu aies stressé à deux jours de la rentrée lol. J’aurais probablement été dans le même état que toi !

  13. Je pense que le maitre mot est “no stress” ! Avec ma puce de 2 ans, on commence à lire des histoires dans ce sens et je lui ai montré le pot, lui ai expliqué à quoi cela servait, mais pour l’instant, elle refuse de s’y asseoir et je ne la sens pas prête à essayer. Je ne la force pas, elle avance à son rythme et je sais que ça finira par venir. On ne lui met pas de pression et pour mon fils, cela avait bien fonctionné : une fois décidé, en quelques jours c’était fait !

    1. Tu as raison de ne pas la forcer, ça viendra c’est sûr 😉

  14. Je n’avais pas encore eu l’occasion de lire ton article à ce sujet.
    Aucun stress du côté de Tess non plus et comme toi, le mimétisme des copains joue beaucoup. Par contre les félicitations sont de rigueur à chaque pipi, c’est important pour elle.
    On tient le bon bout ici je pense 😉

    1. Ah super si la propreté est au bout du chemin ! On a commencé ce WE les tests “culottes” qui se sont avérés non concluants mais no stress, on recommencera plus tard 😉

  15. Très bonne approche 🙂 Tu as tout a fait raison, ce n’est ni gentil ni extraordinaire le pot… (mais qu’est ce que ça fait du bien quand on diminue le nombre de couches consommées !!)
    Ma fille par contre ne veut absolument pas poser ses fesses sur le pot… vu que toute la famille va sur les wc… je ne suis pas Philippe Strack, mais je vais devoir aller retrouver le réducteur vert qui vient aussi de notre ami suédois dans la cave 🙂

    Bref,

    1. Le réducteur, ce sauveur ! Le modèle Ikéa est parfait, j’en ai même acheté deux : un pour la maison et l’autre qui reste dans le coffre. Ainsi, on emmène ce deuxième en vacances et même chez les amis 😉

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