Une soirée aux urgences pédiatriques

 Passer une soirée aux urgences pédiatriques : une première dans la vie de ma Louloutte (et dans la mienne aussi). C’est ce qui nous est arrivé hier soir.

Le pourquoi du comment

La crèche m’appelle en milieu d’après-midi m’informant que ma fille a très mal au genou et qu’elle pleure. Problème, personne n’a vu ce qu’il s’est passé. A-t-elle chuté ? S’est-elle cognée ? Aucune idée. Par contre, ce qui est sûr, c’est qu’elle a mal, qu’elle refuse de poser le pied à terre et que je dois vite venir la chercher. Vous voyez le tableau ? Ça commence fort non ?

Alors que je suis au téléphone avec la directrice de la crèche, mon cerveau fonctionne à plein régime. J’écoute ce qu’elle me dit mais tape en parallèle sur mon clavier d’ordinateur le nom de mon médecin traitant. Bingo, j’ai trouvé et hop, je prends rendez-vous en ligne.

Comment ? Grâce à ce merveilleux site « MonDocteur » que je bénis chaque fois que je l’utilise. Le principe est simple. Vous avez accès en ligne à l’agenda de votre médecin et prenez rendez-vous directement sur le site. Il en existe bien d’autres comme « Doctolib » ou « Monrdv.com » (ça dépend de votre médecin en fait). Personnellement, je trouve cette invention absolument géniale mais j’ai toujours après coup, un sentiment de malaise. En effet, je me doute bien que ce genre de prestations fait de la concurrence aux secrétariats médicaux classiques et peut-être même « piquent » des emplois. Et là, franchement ça craint. Ma seule excuse, c’est que je n’utilise ce système que depuis que ma fille est née et toujours pour de bonnes raisons.

Chez le docteur

J’en reviens à mon histoire. Je quitte donc le bureau précipitamment en n’oubliant (presque) rien. Je récupère ma fille à la crèche (elle va mieux) et file chez le médecin. Auscultation classique : le médecin examine ma Louloutte pendant que celle-ci essaie de choper tout ce qu’elle voit. Crayons, bloc-notes, post-it, tout y passe. Normal. Tout va bien jusqu’à ce que ma fille accepte de marcher devant le docteur. Et là, constatation : elle boite en mode « jambe de bois ». Un genou qui se plie et l’autre qui reste tendu. Bien qu’elle ne présente ni fracture, ni luxation, le docteur me conseille de l’emmener aux urgences pédiatriques pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’une infection des os.

Ni une, ni deux, j’appelle Papounet à la rescousse. C’est décidé, on partira en famille à l’hôpital 🙂 . Faudrait pas se priver d’une sortie comme celle-ci, hein ? En attendant Papounet, je rentre à la maison, je prépare un sac avec tout ce qu’il faut (vêtements, jouets et nourriture). Et oui, à ce moment là, mon petit doigt me dit que la soirée va être longue.

Direction les urgences pédiatriques

Arrivés aux urgences, coup de chance, la salle d’attente n’est pas bondée et un coup de chance n’arrivant jamais seul, ma Louloutte passe en priorité du fait de son âge. C’est pas trop la classe, ça ? 

On est d’abord accueillis par un binôme « infirmière/aide-soignante » très sympa qui prend les constantes de ma fille. Mais qu’est-ce que les constantes ? Il s’agit des indicateurs de température, de tension et de rythme cardiaque du patient. Jusque là, tout va bien avec Louloutte mais la fatigue accumulée tout au long de la journée a raison de son sourire et de sa bonne humeur. Elle se met à pleurer au contact du thermomètre, refuse qu’on la touche, bref, elle ne veut pas être embêtée. Laborieusement, on arrive quand même à obtenir les constantes.

Le docteur vient ensuite l’ausculter. Pleurs à la vue du stéthoscope (elle a horreur de cet objet pourtant bien inoffensif) mais la suite de l’examen clinique se passe relativement bien. Par contre, Louloutte refuse de marcher devant le docteur. Forcément, ça complique un peu les choses. Idée de génie ou « comment arnaquer sa fille en 3 secondes », je m’éloigne d’elle et lui propose son gâteau préféré, une Madeleine St Michel. Si vous ne connaissez pas, c’est par ici 🙂 . Bingo, elle marche ! En boitant certes mais elle marche. J’avoue que sur ce coup là, je ne suis pas peu fière de mon arnaque d’avoir fait plaisir à ma fille.

Prise de sang

Le docteur veut lui faire deux examens :

  • une analyse de sang pour vérifier qu’il n’y a pas d’infection des os. Si c’est le cas, ça signifie une hospitalisation de 7 jours car le traitement antibiotique se fait par intraveineuse ;
  • une radio de la hanche à la cheville.

Un peu dur de vous raconter l’épisode  « prise de sang »… Il a fallu allonger ma Louloutte en lui tenant fermement les bras et les jambes pour ne pas qu’elle bouge, tout en lui maintenant un masque sur le visage. Ce masque est censé atténuer la douleur de la piqûre sauf qu’elle a DE-TEST-TE avoir cet objet plaqué sur le visage. Je ne vais pas vous dire que cette prise de sang a été une partie de rigolade. Non, ça a été horrible, d’autant qu’il a fallu la piquer deux fois pour obtenir la quantité de sang désirée. Ma petite Louloutte se débattait de toutes ses forces pour échapper à notre emprise et elle a beaucoup pleuré. On lui a même mis un cathéter pour ne pas avoir à la repiquer si jamais l’infection était avérée et qu’il fallait la traiter par intraveineuse. Voyez le résultat :

Etre impuissante à la douleur de ma fille m’a fendu le cœur. Soutenir son regard quand on l’immobilisait m’a rendu malade. Croyez-moi, si j’avais pu prendre sa place, je l’aurais fait. J’ai commencé la séance de torture en chantant des chansons, je l’ai terminée en pleurant . Dure la vie de maman.

Conseil : Si vous êtes confronté un jour à cette situation, sachez que ce masque « anti-douleur » peut faire vomir un enfant qui vient tout juste de manger.

Passage de la radio

Pas grand-chose à dire car c’est Papounet qui a accompagné notre fille dans la salle de radiologie. La raison ? Au cas où elle se serait débattue, il fallait (encore) la tenir fermement pour ne pas qu’elle bouge. La raison du plus fort l’a emporté. Ceci dit, Papounet n’a pas eu besoin de montrer ses talents (un peu cachés 😉 ) de Musclor. Louloutte a juste un peu chouiné quand le radiologue a bloqué sa jambe pour l’immobiliser.

Bilan de la soirée

Les analyses de sang ont démontré qu’il n’y avait pas d’infection. Ouf ! La radio a rendu le verdict suivant : pas de fracture mais il faut surveiller cette boiterie. A la moindre poussée de fièvre, retour aux urgences. Idem si la boiterie persiste plus de 5 jours.

Louloutte a été super mignonne en dépit de tout ce qu’elle a supporté. Elle a découvert une deuxième fonction à la table d’auscultation : on peut manger dessus. Elle s’est bien amusée à l’hôpital grâce aux jouets que j’avais apportés. Les urgences, c’est super convivial car elle s’y est fait une copine de 2 ans 1/2 qui affirmait (soutenue par sa nounou) qu’elle avait avalé le bâton de sa sucette. Rassurez-vous, la petite pétait le feu et la radio n’a pas fait apparaître le moindre vestige d’une Chupa Chups à la fraise 😉 .

Épilogue

La soirée a tenu toutes ses promesses. Elle fut longue, épuisante et parfois douloureuse. A peine montés dans la voiture, Louloutte s’est endormie et nous, morts de faim, on s’est nourri comme on pouvait avec des burgers pas bons et des frites froides.

C’est aussi ça la vie de parents…

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