Non je ne peux pas te laisser tout faire

JE TE DIS NON

Ma Louloutte,

Tu as 19 mois maintenant et depuis déjà quelques mois, tu as découvert (et moi aussi) ce qu’étaient les crises. De quoi parle-je ? De tes crises de larmes, de tes crises de colère. Celles que tu piques de temps en temps pour montrer ton mécontentement, ta désapprobation. Celles que tu fais lorsque je te refuse quelque chose.

Alors oui, je reconnais que je mets le holà à certaines de tes actions. Si je ne te laisse pas courir sur le canapé, c’est parce que je ne veux pas que tu te blesses. Si je refuse que tu fasses des roulades sur notre lit, c’est pour la même raison. Si je me fâche lorsque tu tapes l’écran de la télé, ce n’est pas uniquement à cause des traces que tu y laisses. C’est avant tout parce que je crains qu’elle ne te tombe dessus. Tous ces dangers dont je te mets perpétuellement en garde et dont j’essaie de te protéger, me fichent la trouille. Souviens-toi de ces deux mini-séjours aux urgences pédiatriques que tu as fait il y a quelques mois. Maman n’a pas du tout rigolé de t’entendre hurler  et te voir te débattre pendant qu’on te prélevait un peu d’hémoglobine. Tes pleurs ont projeté mon cœur et mes tripes au mur. Alors peut-être qu’il m’arrive d’avoir des réactions exagérées, que je sois exaspérée par ton entêtement mais ne le prends pas mal et pardonne-moi, je ne le fais pas exprès.

Si je m’oppose à te donner un deuxième biscuit après ton biberon du soir, c’est pour ton bien. Je ne veux pas que tu deviennes une inconditionnelle du sucre au mépris d’aliments plus sains. Crois-moi, je t’en parle en connaissance de cause, moi la maman qui avant de rencontrer ton Papounet faisait des bonbons et des gâteaux apéro des dîners quotidiens… Je sais que cela te fiche dans une colère noire et crois-moi, j’en suis la première désolée. Ce serait pourtant tellement plus simple d’accéder à ta requête. Tu serais heureuse à la fois d’avoir obtenu cette gourmandise supplémentaire mais aussi, d’avoir vu maman céder à ton caprice. Tandis que moi, j’échapperais à tes hurlements me poussant systématiquement à fermer les fenêtres. Et bien non, je refuse la facilité car je suis convaincue que j’agis dans ton intérêt.

J’espère que tu le comprendras un jour. Te mettre des limites est mon devoir de maman. T’offrir un cadre rassurant avec des autorisations et des interdictions t’aidera plus tard à être heureuse et à t’épanouir en société. Les barrières que je place sur ta route aujourd’hui seront tes armes de demain. Et crois-moi, tu en auras besoin car le monde dans lequel tu grandis n’est pas celui des doudous et des livres musicaux que tu aimes tant. Alors, permets-moi de te prévenir que je n’ai pas l’intention de baisser les bras. Je continuerai à accompagner ton développement jusqu’à ce que tu prennes ton envol. Et peu importe que ta frustration atteigne parfois son paroxysme. Il en sera ainsi.

Ta maman qui t’aime.

6 Replies to “Non je ne peux pas te laisser tout faire”

  1. Merci pour cet article ! C’est tellement difficile parfois de leur dire non… Et pourtant, ces limites sont indispensables… Alors, oui, tu as raison de continuer de lui dire non !

    Virginie

    1. Merci à toi de l’avoir lu et de l’approuver 🙂 C’est le genre de choses auxquelles on ne pense pas lorsqu’on envisage d’avoir un bébé mais quand il est là, on apprend à accompagner son enfant du mieux qu’on peut.

  2. C’est tellement dur de savoir dire non! Et qu’est-ce qu’ils savent bien jouer de nous… Tous les jours, je me dis que je n’aurais pas du céder là ou là… Mais des barrières sont nécessaires pour apprendre à bien grandir et celles là, elles ne bougeront pas!

    1. Tout à fait d’accord avec toi ! 🙂

  3. Tu vois c’est un truc qui me fait peur ça, ce ne sont pas les nuits ou la fatigue mais bien ça qui m’angoisse. j’ai peur de ne pas réussir à lui dire non, à poser les bonne limites, à ne pas me faire respecter, à essayer d lui dire les choses calmement en plus…pour le moment ça va mais il commence à prendre de l’assurance le petit père !
    Il est impératif de leur imposer des limites je pense !
    Bises

    1. Oui c’est essentiel à mon sens. Il faut savoir se faire violence et je suis persuadée que tu y arriveras ;-). Bises

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